« Les psychologues, c’est pour les fous ». Vraiment ?

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Aujourd’hui, mon but est de démystifier un peu la profession de psychologue, et les besoins des personnes qui consultent. Car autant le dire de suite, non, le psychologue n’est pas pour les fous.

Le psy, pour les fous ?

C’est un préjugé très marqué et présent qui fait beaucoup de mal autour de lui. En effet, même face à des difficultés importantes qui pourraient être soulagées en consultation, beaucoup de monde refuse de voir un psychologue de peur de passer ensuite pour fou et reste enfermé avec sa souffrance et son besoin d’écoute.

Tout d’abord, la folie est un terme vague et qui n’est plus d’actualité. Ce mot se retrouve dès 1808, et se lie progressivement aux concepts d’absurde, incroyable, exubérant, bref finalement hors norme. Et depuis toujours, ce qui sort de la norme fait peur, d’où la connotation négative désormais attachée à la folie. Sauf que la norme, elle varie. La normalité est liée à l’habitude, la fréquence selon laquelle quelque chose se produit. Une anormalité (le fait être hors de la norme) n’est pas nécessairement dangereuse.

Concernant la psychologie, le danger, la « folie » ne tiendrait donc pas dans le fait d’aller consulter quand on en ressent le besoin, mais plutôt dans celui de ne pas le faire. Garder en soi, pour soi, une souffrance psychique, même si on l’ignore, peut lui permettre de prendre de plus en plus de proportions jusqu’à devenir intenable, ingérable. Considérez une souffrance psychique durable comme le signe d’une blessure de votre esprit qui risquerait de s’infecter : laisseriez-vous une plaie s’infecter jusqu’à risquer l’amputation ou votre vie, sans voir de médecin ?

Le psychologue n’est pas là que pour traiter des situations très graves. Au contraire, ce serait plutôt le rôle d’un psychiatre, ou des deux conjointement. Le psychologue serait l’étudiant en médecine qui vous met les points de suture. Et même si cela peut guérir seul, l’aide du psychologue permettra d’en garder moins de traces.

Quand faut-il consulter ?

Pour moi, si vous vous posez la question, c’est déjà que vous en auriez besoin car cela signifie que vous êtes face à une difficulté ou une souffrance que vous n’arrivez pas à résoudre et qu’elle a un effet sur votre vie.

Si vous conservez un doute, pensez à ce que vous arrivez à faire actuellement par rapport à ce que vous faisiez avant que la difficulté apparaisse. Est-ce que cela vous gêne, vous ralentit, vous empêche de faire des choses ? Depuis combien de temps ? Si la première réponse est oui, et si cela fait plus de quelques semaines, alors il serait intéressant d’aller consulter. N’oubliez pas que voir un psychologue ne vous engage pas à y revenir, mais cela peut vous permettre d’y voir plus clair. Retenez cependant que la/les première.s consultation.s peuvent être difficiles car elles vont « remuer le couteau dans la plaie », mais peuvent déjà vous soulager pendant quelques temps.

Vous pouvez également prendre conseil auprès de votre médecin. S’il vous connait depuis longtemps, il pourrait vous aider à prendre la décision.

Parmi les thèmes les plus fréquents que le psychologue retrouve en consultation, en voici quelques uns :

  • problèmes dans les relations (couple, famille, amis, travail) ;
  • blocages divers (émotions, mémoire, anxiété voire angoisses ou phobies) ;
  • difficultés à gérer une ou des émotions (deuil, stress, traumatisme, mal-être diffus sans source identifiée) ;
  • difficultés de parentalité ;
  • problèmes de santé chroniques ou durables ;
  • dépendance, addictions ;
  • prise de décision difficile ;
  • volonté de mieux se comprendre ;

Le psychologue vous ouvre un espace de pause, et est là pour vous aider à prendre du recul, à mieux comprendre le problème et vous aider à le résoudre. Pour rappel, quelle que soit la difficulté, et à l’exclusion de risques pour vous ou pour d’autres personnes, le psychologue a le devoir de confidentialité. De plus, il est formé à rester neutre (la neutralité bienveillante, que j’ai décrite dans un autre article) et ne porte donc pas de jugement sur vous. Son recul sur la situation peut vous permettre de la voir sous un autre angle et donc de trouver des solutions. Parfois, le simple fait de prendre le temps d’en parler est un aide considérable.

Enfin, ce n’est pas une faiblesse que d’aller voir un psychologue. Voir un psychologue, c’est exposer sa souffrance, en parler pour lui faire face. Parfois, cela peut être très difficile, mais cela se révèle libérateur. Il faut donc de la force pour se livrer ainsi, mais c’est en faisant face au problème qu’on peut le régler, pas en lui tournant le dos.

Donc finalement, non le psychologue n’est pas pour les fous, mais pour toute personne en situation de souffrance, qui souhaite une aide extérieure, neutre et bienveillante. Le psychologue n’est pas non plus pour les personnes faibles, mais pour quiconque se sent assez fort pour affronter ses problèmes afin de les résoudre.