Dans ma présentation, j’ai rapidement évoqué les théories qui forment la base de ma manière de travailler. Il est temps pour moi de vous en parler plus en détails.

Mes formations
J’ai été formée par trois universités différentes : Paris 8 (au sein de l’Institut d’Enseignement à Distance, ou IED, où j’ai validé ma Licence), Poitiers, et Paris 13 (renommée Sorbonne Paris Nord, où j’ai validé mon Master). Chacune avait ses particularités dans les théories qui m’ont été enseignées, et j’ai usé ma liberté de pratique afin d’établir l’approche qui me semble la meilleure.
Ainsi, Poitiers et Paris 13 sont essentiellement concentrées sur la psychanalyse, en particulier les théories de Freud, que je considère parfois mal adaptées aux situations. Paris 8 m’a enseigné diverses approches, et la possibilité de s’inspirer de plusieurs dans une méthode dite intégrative (puisqu’on intègre des éléments appartenant à plusieurs courants théoriques). Je me considère donc aujourd’hui comme étant « intégrative ».
Les courants de pensées qui forment ma méthode
La psychanalyse
Je viens donc de l’évoquer, j’ai une formation partiellement basée sur la psychanalyse, surtout freudienne. C’est cette approche qui théorise l’existence de l’inconscient, du conscient, et d’un entre-deux, ainsi que du « ça », du « moi » et du « surmoi ». C’est aussi de la psychanalyse que vient l’idée du « lapsus révélateur », des névroses et psychoses, du narcissisme, du complexe d’Œdipe (la période durant laquelle l’enfant ne chercherait la présence et l’attention que du parent du sexe opposé – inspiré du mythe grec d’Œdipe).
L’interprétation des rêves a été décrite par Freud lui-même comme la meilleure voie d’accès à l’inconscient, à travers une analyse très poussée des rêves par association libre : la personne est invitée à dire absolument tout ce qui lui vient à l’esprit à partir d’un mot, un élément ou un détail. Le rêve serait une manière d’accomplir un désir.
En passant sur de nombreux éléments afin de ne pas alourdir mes explications, la théorie de Freud voudrait que l’enfance de la personne et en particulier la manière de surmonter le complexe d’Œdipe, serait la source des troubles psychiques de l’adulte. De ce fait, les névroses, psychoses, et même la perversion, tout trouverait son origine dans l’enfance.
Durant ma dernière année à Paris 13, puisque la formation était axée sur la psychologie interculturelle et transculturelle, j’ai été formée en ethnopsychanalyse, autrement dit l’anthropologie psychanalytique à travers les travaux de Georges Devereux, Tobie Nathan et Marie-Rose Moro. Ici, on s’intéresse donc aux différentes cultures à travers la psychanalyse. Le contre-transfert (ce que le praticien reporte comme sentiments sur son patient) devient aussi culturel (notre culture réagit à la culture que nous imaginons que l’autre porte). On ne se soucie donc pas que des difficultés ou symptômes de la personne, mais on fait également attention à sa culture (et à la nôtre, afin de ne pas mal interpréter).
L’approche humaniste
J’ai découvert cette approche à Paris 8. Elle a été développée par Carl Rogers avec son « approche centrée sur la personne ».
On décrit souvent l’approche humaniste comme basée sur une vision positive de l’être humain, qui aurait une tendance naturelle à mobiliser ses forces pour se développer, pour changer en bien et s’épanouir. La relation de soin n’est pas entre un thérapeute et un patient (« client », dans cette approche), mais entre deux personnes (on parle « d’alliance thérapeutique »). Le thérapeute, empathique, permet l’expression libre des souffrances et difficultés du client, pour ensuite interroger et déconstruire les interprétations erronées afin de construire des systèmes plus créatifs et positifs.
Tout devient une opportunité pour se développer, atteindre ses buts, s’observer, donner du sens à l’existence. La confiance en soi permet d’oser s’affirmer et être moins dépendant du regard des autres.
L’idée essentielle pour le thérapeute est d’être authentique, de ne pas juger, et d’être réellement empathique afin de faciliter la reconnaissance des émotions et de la personnalité de chacun.
Alors, comment je travaille ?
Comme je l’ai dit plus haut, ma méthode s’inspire à la fois de la psychanalyse et de l’humanisme. J’ai pris du recul avec la psychanalyse pour plusieurs raisons :
- je ne crois pas que l’on puisse trouver une source commune et précise à toutes les souffrances et difficultés d’une personne, car nous sommes tous différents, de même que nos histoires de vie ;
- la psychanalyse recommande une « neutralité bienveillante » qui peut être perçue comme de la passivité : le thérapeute est présent, mais n’intervient que très peu, voire jamais, là où le patient peut préférer une présence plus active ;
Cependant, puisqu’elle est un courant très répandu en France, j’en conserve l’usage de certains concepts : psychoses, inconscient/conscient, refoulement, pour les plus courants et connus. Sachez toutefois que s’il est, à un moment, nécessaire pour moi de dresser un diagnostic, je ne le ferai pas à l’aide de la psychanalyse mais du DSM (manuel diagnostique et statistique, fruit du travail de l’Association Américaine de Psychiatrie -APA).
De l’humanisme, je conserve une grande partie de ses éléments : empathie, alliance thérapeutique, aide à se révéler. Pour cela, il pourra m’arriver de vous proposer des exercices (visant à améliorer la confiance en soi ou l’amour de soi), des astuces (par exemple pour aider à gérer l’anxiété), et occasionnellement vous donner des conseils pour vous aider.
J’espère que vous y voyez un peu plus clair dans ma manière de travailler, et les raisons pour lesquelles je privilégie cette méthode.
S’il vous reste des questions, n’hésitez pas à les poser.